Barbichette.

Je te tiens tu me tiens par la barbichette 
Combien cette contine lorsque j’étais enfant
M’amusait, je riais et j’étais à la fête 
Quand j’y jouais souvent avec ma maman.

À présent je suis grand et j’en ris beaucoup moins
À voir la société jouer comme gamins
Chacun montrant à l’autre, le prenant à témoin 
Combien il est utile et a de grands besoins.

Quand ce n’est les routiers, c’est les électriciens
Où les ambulanciers, les conducteurs de train
Les profs, les infirmiers, les taxis, les pêcheurs 
Ou bien les oubliés, nos chers agriculteurs.

Bien sûr les ouvriers, les collecteurs d’impôts 
Aussi les buralistes et parfois les pompiers
Frustrés sont les gendarmes comme les policiers
De ne pouvoir montrer qu’ils peuvent aussi râler.

Tous sont indispensables, même ceux que j’oublie, 
Pour qu’on vivent ensemble, pourquoi donc ils supplient 
Pourquoi ils ne se sentent pas très bien dans leur peau 
Voilà une question que je pose à propos.

Il fut sans doute un temps où l’on considérait 
Ceux qui rendaient service à notre société 
Tout cela à présent a fortement changé 
C’est d’autres plus futiles qu’on préfère admirer.

Paillettes et argent sont tout ce qui fascine 
Les stars, les financiers, on est loin des usines
Ceux là bien qu’inutiles recueillent les suffrages
Les nouvelles idoles reçoivent les hommages.

Pendant que tout là-haut on en voit qui se gavent
Les pauvres se débattent et ne nuisent qu’à d’autres 
Qui eux aussi combattent et ne navrent que pauvres
Jusqu’à comme toujours, que soit la paix des braves.

Le système est ainsi fait pour les puissants
Laissant la valetaille s’agiter mais en vain.
Quand toutes leurs batailles hier comme demain
Ne changent rien aux voies par où passe l’argent.

Ce qu’il faudrait tenir ce n’est la barbichette
Mais tous les fils auxquels on nous a attachés
Ceux qui sont dans nos têtes pour nous faire accepter
Que survivent tenaces, les inégalités.

Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com