La toile.
On dit la route courte que le temps d’une vie
Pourtant combien d’étapes depuis qu’on est parti
Chaque âge est l’occasion de fortes découvertes 
Souvent sur nos parcours, elles nous seront offertes.
Telle une araignée on reconstruit sa toile
À chaque arrivée, chaque nouveau départ 
Celle que l’on déchire pour suivre son étoile 
Celle que l’on retisse sur les fils du hasard.
Patiemment on recrée les liens indispensables
On construit les repères qui rendront confortables 
Ce n’est pas une épreuve, c’est presque un réflexe 
Pour bien mieux maîtriser, une vie trop complexe.
Derrière soi on sème dans chaque aventure
Comme autant de cailloux, et c’est là le plus dur
Tous les gens rencontrés dont de nombreux amis
Des gens qu’on aime bien, que jamais on n’oublie.
On se promet très fort de bientôt se revoir
La distance est un gouffre, souvent pour cet espoir
On s’écrit on se parle, mais le lien se distend 
On ne partage plus ensemble de moments.
Aussi je suis heureux de nos retrouvailles
Faire avec vous la fête, y a rien de mieux qui vaille
Merci à toi Patrick pour avoir réuni 
Chez toi tous tes amis, qui sont les miens aussi.
Il fallait ce déclic pour quitter mes montagnes
Pour goûter au plaisir que grâce à toi je gagne
Malgré les kilomètres et les années qui fuient
À retrouver ici tous ces visages amis.
Je m’en vais retisser la toile éphémère 
Dans ces heures propices aux meilleurs souvenirs
Et je la glisserai dans les feuilles du livre
Où je conserve tout, ce que sinon je perd.
Pierre-Jean BOUTET