Jeux de rôles.
Si vous m’aviez connu naguère 
En ces temps où j’étais si fier
Où était beau mon port de tête 
Où je faisais si bien la fête, 
Je ressemblais tant à un coq
Mais tout en moi était en toc
À part peut être ce beau corps
Que j’avoue je regrette encore.
Si vous m’aviez croisé plus tard
Cintré dans un très beau costard
Jouant les hommes importants 
Je n’étais qu’un valet pourtant 
Je ressemblais à un patron
Mais tout n’était las que carton
Même j’avoue cette médaille 
Qui n’était las que de quincaille.
Si vous m’avez connu tantôt 
Vêtu d’un pauvre paletot
Sur le port en vieux matelot 
Moi qui n’aime pas vraiment l’eau,
Je ressemblais à un marin
Mais je ne suis las qu’un pantin 
Sauf peut-être ce vieux gamin
Qui garde son cœur dans la main.
Toute une vie à se masquer
À se cacher, se déguiser 
De peur de n’être accepté
Tout simplement comme il était.
Toute une vie à se tromper
Les gens ne se laissent abuser
Par ceux qui jouent sans conviction
Mais l’apparence cache le fond.
Souvent pourtant être soi même 
Est la bonne graine qu’on sème 
Sur le chemin qui nous amène 
Vers ceux qu’on voudrait qu’ils nous aiment.
Pierre-Jean BOUTET
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