Le chant du cygne.
Je suis pris tout à coup d’un doute qui me mine
Ces mots qui me sont chers aussi ils m’assassinent
À force que de dire l’angoisse qui m’étreint
Et tous ces maux qui viennent et que je vous dépeins.
Je crois qu’elle s’en moque, notre mère la terre
De ce que je vous dis, je pourrais donc me taire
Je crois que vous aussi n’en avez rien à faire
Que l’on aille bientôt tous ensemble en enfer.
Cela fait cinquante ans que ceux qui comptent savent
Où les voies que l’on suit, conduisent nos usages
Mais ils ont préféré à cette voix des sages
Ignorer ces signaux pour jouir eux sans entraves.
Je m’en vais désormais gazouiller sur mon arbre
Comme si de rien n’était, je resterai de marbre
Devant ces catastrophes qui ne m’atteignent pas
Ne serai philosophe, je pense et n’y suis pas.
Je chanterai plutôt comme le fait le cygne
Avant la fin des jours, et comme un dernier signe 
Une larme a coulé tout au long de ma joue
Je demeure sans armes et l’avenir se joue.
Pierre-Jean BOUTET
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