Partir.
Quand mon corps ne sera plus que chair sans élan 
Quand mon coeur n’aura plus d’exutoire charmant
Quand mon âme enfermée sera dans ce carcan
Quand mon esprit sera, alerte comme avant
Que me restera-t-il que de beaux souvenirs
Que pourrai-je faire, quoi d’autre qu’écrire ?
Je revivrai alors tourné vers le passé 
L’avenir se sera pour toujours refermé 
Je n’aurai désormais plus de rôle à jouer 
Je ne serai plus là que pour tout ressasser.
Tout ce que j’ai vécu lorsque j’étais vaillant
Tout ce que je pouvais quand j’étais plein d’allant.
Si je perds la mémoire que me restera-t-il ?
Je serai un légume que on laisse tranquille
Est-ce cela la vie quand tout devient futile
Qu’on devient étranger et perdu sur son île ?
Sans plus aucun repère on se laisse glisser
Sans plus rien y comprendre des bribes du passé.
Quand je serai trop vieux pour même en parler
Qui donc m’entourera, serai-je abandonné ?
Rien que d’y penser, j’en ressens un frisson
Car pas question pour moi de rester en prison
Car je m’envolerai bien loin de cette cage
Savoir qu’il faut partir est sans doute plus sage.
Pierre-Jean BOUTET
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