Nous ne voulons le voir.
À ces cris arrachés, les consciences muettes
À ces corps décharnés que seule la mort guette
Se diront révoltées, mais toujours impuissantes
Quand le malheur est loin, l’âme est chancelante.
Mais si c’est son voisin qui se trouve frappé 
Les consciences inquiètes vont se manifester 
Leur instinct de survie est soudain réveillé 
Des actions tout de suite, elles vont réclamer.
Aujourd’hui le voisin est sur notre planète 
C’est chacun des humains qui vont mourir ou naître 
Il a même destin, même si pour certains
La mort n’est tout de suite, en tous cas pas demain.
Qu’on les mettent dehors, qu’ils nous laissent tranquille
Qu’ils restent donc chez eux, nous sommes trop en ville
S’ils n’ont plus de chez eux, ce n’est pas notre faute 
Il n’y a pas de raison, qu’ils viennent à nos portes.
Partout tous les compteurs de naissance explosent
Déjà quoique l’on fasse, la vérité s’impose 
Nous ne pouvons rester, sur nos arpents carrés 
Déjà sommes nombreux, à être expatriés.
Si lors on ne partage, ce sera donc la guerre
Où elle conduira, on le savait naguère 
Mais dans ce dur présent, elle sera la fin
Nous serons tous vaincus, si la faisons demain.
Nous sommes dans l’impasse des fausses solutions
Nous ne voyons le monde qu’à travers nos passions
Pourtant cet avenir nous savons le prévoir
Comme il est sans espoir, nous ne voulons le voir.
Pierre-Jean BOUTET
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