Passage à vide
Que vous dirai-je encore que je n’ai déjà dit
D’une manière ou l’autre à travers mes écrits ?
La mer où je m’en vais, pêcher au jour le jour
Les mots qui m’ont servi, est vide a son tour ?
Ces jours-ci mes filets, me remontent bredouilles
Je sens qu’au fond de moi, quelque chose cafouille
Serait-ce que l’hiver, qui s’attarde encore
Gèlerait mes idées, comme il le fait dehors ?
Je lève alors le nez, je vois par ma fenêtre 
Des rayons caresser, l’herbe qui devient verte
L’herbe qui se devine, sous cette gelée blanche
Comme si le printemps, retroussait ses manches.
Voilà que dans ma tête, répondant à mon cœur 
Lève une émotion, qui s’appelle l’ardeur
Une énergie nouvelle, venue de ne sais-où 
Comme une onde de joie, là pendue à mon cou.
Je sens dans mes filets que frétillent des mots
Qui veulent sur la page se répandre en propos
Pour écourter ainsi ce passage stérile 
Me rendre à nouveau l’écriture facile.
Pierre-Jean BOUTET
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