Poupée brisée 
Elle va se balancer tous les soirs dans le parc
Et la tête baissée elle oscille dans le noir
Son corps se tend parfois comme ferait un arc
Quand la douleur du manque, la met au désespoir.
Elle revient ici comme une mécanique
Dont les ressorts grippés, lui rejouent la musique
De ces temps de bonheur, où ses cheveux volaient
Tandis qu’elle souriait au garçon qui l’aimait.
Pauvre poupée brisée qui survit dans ce rêve 
La vieille balançoire qui gémit et soulève 
Tous ses chers souvenirs, de sa joie disparue,
Comme un jour son aimé, tout au bout de la rue. 
Des pneus soudain qui hurlent, de la tôle froissée 
Un corps gît sur la voie, tout démantibulé 
Vivant il y a un instant, lorsqu’il s’en est allé 
Après lui avoir dit l’amour qu’il lui portait.
Réglée comme une horloge, apparaît une dame
Elle revient tous les jours, à l’heure de ce drame
Espérant rejouer ces moments si fugaces
De son bonheur enfui, retrouver quelques traces.
Si vous voyez le soir, dans un jardin boisé 
Se balancer la dame, ne la dérangez pas
Elle semble un fantôme, qui viendrait là voler
Et cueillir un bonheur, que vous ne verrez pas.
Pierre-Jean BOUTET
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