fétus

Fétus

A portée des délires de nos vains lendemains
Et coulés dans la cire de nos pires dédains
Nos espérances bleues filent entre nos mains
Et s'en vont en écharpes perdues dans les lointains

En autant de flammèches dispersées comme flèches
Nos désirs dévorants prennent tous leur élan
Ils se posent assouvis aux pieds d'un vif Dieu Pan
Pour renaître bientôt dès que le feu les lèche.

Que dire des pensées à peine formulées
Qui s'évadent en fumées par la peur d'être nées
Et des infimes gestes tout juste esquissés
Effrayés de l'audace qu'ils ont pu effleurer.

Des actes dérisoires au regard de ces temps
De cette grande vague qui remue sous les vents
De ces sables mouvants où s'enfouissent les larmes
De ces écoulements incessants qui désarment.

Que sommes nous des nains, insectes misérables
Ballotés en fétus dans les forges du fiable
Tous insignifiants accrochés à nos vies
Balayés d'un revers par le hasard qui rit.

Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com