puits

Le puits

Ce soir en te couchant tu fermeras la porte
Tu essaieras d’oublier toutes ces années mortes
Espérant de ces jours à venir qu’ils t’apportent
Enfin un peu de paix, qu’elle te réconforte.

Tu les a vu partir tous les tiens à la guerre
Tu les a élevés pour finir sous les pierres
Dans le jardin étroit qui se trouve derrière
Quelques croix s’y élèvent comme autant de prières.

Tous ces hommes vaillants, un mari et des frères
Tous ces enfants frappés de balles meurtrières
Tous ces rires et ces chants des fêtes saisonnières
Envolés, dispersés comme pauvres poussières.

Ce soir en te couchant tu penseras très fort
A la vie qui se tait, elle te sourit la mort
Car elle te promet d’effacer tous ces torts
En t’offrant une paix, sans plus aucun remords.

Peut être reverras-tu dans l’envers du décor
Une fois bien franchie la ligne au dehors
Ces visages aimés dont t’a privé le sort
Ces sourires retrouvés qui attendent au port.

Ce soir en te couchant tu fermeras les yeux
En priant de ne voir aucun demain sans eux
Espérant que ton souffle s’éteigne cette nuit
Pour chasser cette peine qui remplit trop le puits.

Pierre-Jean Boutet
cambredaze.canalblog.com