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Passionaria
Je l’ai vue l’autre soir, au sortir de l’usine
De son allure calme et les mains dans les poches
De sa démarche souple, dans son bleu de chauffe
Elle ne ressemblait pas à la fée Mélusine.
 
Dans son regard brûlait une petite flamme
C’est qu’il est bien rebelle, ce petit bout de femme
Elle est déterminée à la faire changer
La condition sociale du monde ouvrier.
 
Forte passionaria, volonté redoutable
Elle jouera toujours les cartes sur la table
Pas question de céder elle est dans son bon droit
Il faudra des patrons, tordre un peu le bras.
 
Il en faudrait bien plus de ces forts caractères
Pour sortir notre pays de sa triste misère
Croire en des valeurs humaines universelles
Que l’homme ne sera pas, par l’homme exploité.
 
Regardez de plus près, l’actualité est moche
Voyez ces aigrefins s’en mettre plein les poches
Et bien se dérober à leurs obligations
Préférant cacher leurs montagnes de pognon.
 
Notre belle République repose sur un pacte
Que chacun le respecte, dans chacun de ses actes
La solidarité est un bien trop précieux
Pour être sacrifié par tous ces gens odieux.
 
Choisis pour gouverner, nos élus de tous bords
On a besoin de croire qu’ils sont honnêtes d’abord
Qu’ils ont choisi cette voie, croyant au bien commun
Pas pour faire leur beurre, ou celui de quelques uns.
 
Sans quelques militants pour protester bien haut
La société s’endort bercée de belles histoires
De quelques diversions pour lui éviter de voir
Que la France abandonne bien de ses idéaux.
 
Pierre Boutet
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