Le peuple des fourmis comme on le sait assez
Est très discipliné, il marche en rangs serrés
Pardon devrais je dire il marche en file indienne
Si tu vas ton chemin alors c'est bien le mien.
Il était une fois une petite fourmi
Qui salit ses antennes, au point de s'égarer
C'est là chose fort rare, je vais vous la narrer
Elle donne à réfléchir sur les mœurs d'aujourd'hui.
La fourmi égarée, elle s'appelait musette
Quand le soir arriva et que tomba la nuit
Fut fort embarrassée de ne trouver sœurette
Pour regagner son nid, y être à l'abri.
Elle marcha longtemps et puis enfin trouva
Une fine ouverture dessus un tumulus
Bien qu'une étrange odeur régnait dedans ce tas
Il ressemblait très fort à son gîte, à ses us.
Alors tranquillisée elle se restaura
Puis s'endormir très vite, tant son corps était las.
Elle fut réveillée par une grosse voix
Qui criait en colère, où est ce que tu te crois ?
Une fourmi soldat hurlait au dessus d'elle
Et tout autour étaient bien mille paires d'ailes.
La petite fourmi essaya d'expliquer
Qu'elle était perdue, qu'elle s'était trompée,
Que surprise par la nuit elle aurait bien voulu
Retrouver là son nid, mais on ne l'a pas cru.
Elle fut expulsée, très vite hors de la place
Par ces autres fourmis, choquées par son audace.
Ne sais par quel miracle, elle fit retour au nid
Quand elle fit mention de sa triste avanie
On l'a réprimanda, les anciens lui ont dit
Qu'une fourmi polie n'entre pas chez autrui.
Qu'elle a eu de la chance, de n'être pas punie
Pour être ainsi entrée dans cette fourmilière.
Que la gent des fourmis se fait souvent la guerre
Pour des offenses moins graves, que d'être cambriolée.
Morale : n'entre pas chez autrui sans y être invité
C'est là chose impolie rarement pardonnée.
Pierre BOUTET
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