Funambules.
Nous sommes funambules sur nos cordes de vie
Souvent on y titube, le gouffre nous sourit
De nos pas malhabiles nous prenons tous les risques 
De chance ou de malheur elle nous joue tous les disques.
Nous sommes attirés autant que repoussés 
Par les figures hideuses qui vont nous éprouver 
Nous sommes trop charmés par toutes ses sirènes 
Pour se laisser tomber et puis quitter la scène.
Alors on se raccroche à ce fil que les Parques
Peuvent à tout instant couper c’est là leur marque
Cette ligne de vie ténue qu’on croit solide
Qui survole des terres ou riches ou arides.
C’est l’amour qui nous tient c’est lui le balancier
C’est la mort qui se tient au dessus c’est l’épée 
Nous sommes en tension sur la corde offerte
Nous y prenons pension si la ligne est ouverte.
Ainsi à l’interface des lumières et des ombres 
Nous jouissons de nos vies que tant de choses encombrent
On les voudrait bien droites, pures comme un trait
Elles sont au contraire toutes bien griffonnées.
Pierre-Jean BOUTET
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