Des coups sourds
Pourquoi tant de tristesse dans beaucoup de mes textes
Pourquoi pas de la liesse, quel en est le prétexte ?
J’ai les yeux grands ouverts, sur toutes ces merveilles
Que le monde recèle, et qui sont sans pareilles.
Je pourrais j’en conviens, ne chanter que la joie
Simplement pour les vivre ces beaux jours sous mon toit
D’être entourés des miens, d’être aimé de ma mie
D’avoir l’insigne chance que d’avoir bonne vie.
Mais je vois au delà de ma bulle dorée 
Je vois trop ces nuages venant s’amonceler 
Au dessus de nos têtes qui viennent menacer
L’avenir des enfants, que vous ou moi ont fait.
Encore de beaux jours, des fêtes, des plaisirs
Encore des trésors partout à découvrir 
Encore du bon temps, qu’on peut toujours s’offrir
Mais combien ils sont sombres tous les jours à venir !
Pour ma génération, il y a des subterfuges
On peut bien sûr encore trouver tant de refuges
Mais est-ce responsable, après nous le déluge ?
Ne devrions-nous répondre un peu de ce grabuge ?
Je suis dans la posture du spectateur forcé 
Qui voit las impuissant, sur lui le mal foncer
Sachant que lui peut être il pourra l’éviter 
Mais qu’en est-il vraiment, pour ceux qui viennent après ?
J’ai beau lors m’efforcer de bien fermer les yeux
De ne pas les entendre, tous les actes odieux
De voir encore le monde avec des yeux d’enfant
Mais je sens ces coups sourds qui m’ébranlent pourtant.
Pierre-Jean BOUTET
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