Le coussin jaune
J’aimais dans ma jeunesse me tenir près du feu
Du foyer chaleureux, qu’offrait la cheminée 
Fasciné par les flammes, je m’y sentais heureux
Troublé par le seul bruit, du bois qui crépitait.
Je me posais alors, mais pas sur une chaise
Encore moins au sol, la dalle était trop fraîche 
Mais sur un vieux coussin, ourlé de franges jaunes
Son moelleux fatigué, convenait au béjaune.
Un moment de repos, un doux moment d’absence
Mon esprit se noyait dans la fumée, les flammes 
Quand je fermais les yeux, je sentais la présence 
D’une chaleur plus douce, que la peau d’une femme.
J’aurais voulu me perdre, dans cette ouate brûlante 
Me laisser consumer, par ces braises ardentes
Dans la fascination, de ces ondes irradiantes 
Depuis mon vieux coussin, aux couleurs éclatantes.
Ce n’est que lorsque, on nourrissait le feu
Ajoutant une bûche, dans les braises mourantes
Que le bruit m’arrachait, à mes pensées mouvantes
Qu’à la réalité, je revenais un peu.
Alors du vieux coussin je dépliais mes jambes
Quand je me relevais, pour regagner ma chambre
Encore étourdi, par la chaleur ambiante
Pour faire mes devoirs qui ne pouvaient attendre.
Pierre-Jean BOUTET