cabinet noir

Occulte
 
Il serait du pouvoir une face obscure
Qu'on en ait le soupçon d'ailleurs il n'en a cure
Il ferait nous dit-on la pluie et le beau temps
Pour ruiner l'adversaire depuis la nuit des temps.
 
Imaginez un peu une cellule grise
Que dis-je plutôt sombre dont le pouvoir se grise
Propre à manipuler à son gré l'opinion
Par de gênantes et tardives révélations.
 
À l'heure d'Internet où l'on sait tout sur tous
Il suffit de gratter pour révéler à tous
La moindre turpitude ou le moindre écart
Que jadis on tenait à l'abri, au placard.
 
Garder trace de tout, d'une déclaration
D'un geste maladroit, d'un mot, d'une opinion
Ne pouvoir oublier ses erreurs du passé
Et devoir en répondre bien des années après.
 
Y aurait-il donc besoin d'un organisme occulte
À l'heure où chacun se voue son propre culte
Ne veut montrer de lui que ce qu'il a de bon
Et passer sous silence ce qui est sous l'édredon ?
 
Combien il est pratique c'est une valeur sûre
Quand on a été pris dans le pot de confiture
D'accuser des fantômes d'attaquer son honneur
Alors que l'on est blanc comme l'est un menteur.
 
Pour certains il est vrai qui s'adressent à des poires
Quand l'opinion recule, que s'éloigne l'espoir
Combien il est facile de voir dans ses déboires
L'action pernicieuse de ces cabinets noirs.
 
Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com