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Vertiges
 
N'avez-vous jamais eu quelque peu le vertige
Quand vous réalisez combien le monde est grand
L'univers est si grand que c'en est un prodige
Et puis l'aube des temps c'était il y a longtemps.
 
Habitués à vivre dans un cadre étriqué
Où les distances se comptent en mètres ou années
Comment ne pas en être vraiment bouleversés
Quand on voit ce qu'on pèse, quand on voit ce qu'on est.
 
Entre infiniment grand et fines particules
Mais que sommes nous donc sinon des homoncules
Que de fugaces vies à peine perceptibles
À l'échelle du temps et des nombres terribles.
 
Pourquoi tout cet orgueil chez cet homme alors
À vouloir dominer toujours ce qui l'entoure
À vouloir dépasser la plus haute des tours
À vouloir posséder toujours plus d'or encore ?
 
Pourtant si dérisoire, toujours la même histoire
Depuis qu'il est au monde il ne rêve que gloire
Pourtant si éphémère, sans cesse il entre en guerre
Pour conquérir encore et toujours plus de terres.
 
Arrive-t-il au bout de cette trajectoire
Puisqu'il va épuiser ses ressources, c'est notoire
Va-t-il comprendre à temps que la fuite en avant
S'avère une impasse quand il n'y a rien devant ?
 
Pourquoi n'est-il pas pris à présent de vertiges
Qu'il voit la boule bleue perdue dans tout ce vide
Qu'il en voit la beauté et la fragilité
Qu'il n'y a nulle part ni ailleurs où aller.
 
Peut-être bien qu'un jour le mot humanité
Pourra enfin rimer avec humilité
Pour l'heure je le crains c'est plus stupidité
Qui reflète le mieux ces hommes aveuglés.
 
Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com