épaves

Épaves

Des pensées fugitives qui traversent l'éther
Comme des fulgurances aussitôt oubliées
Dans les méninges mortes d'overdoses ratées
Elles sont la trace, de tout ce que l'on perd.

Des vies comme en suspens, ont-elles encore un sens
Le tic-tac mécanique de cœurs encore battant
Présence incongrue qu'est l'âme devenue
Emportée en fumées dans les bruits de la rue.

Ce serait comme un port où gisent les épaves
De tous ces chalutiers quand l'eau s'est retirée
Quand l'espoir les déserte, les esprits sont esclaves
De ces corps rejetés sur de vieilles jetées.

Quand il n'y a plus d'amour, qu'il n'y a pas d'avenir
Que l'homme est alors comme absent à lui-même
Ce sont tous ses démons qu'il convoque à plaisir
Pour enfin consumer cette part de lui-même.

On ne revient de là que par quelque miracle
Quand parfois ne s'est pas achevée la débâcle
Qu'un regard ou un mot peuvent encore réveiller
La petite lueur qui peut s'émerveiller.

Souvent de ces voyages il n'y a pas de retour
Priez pour ne jamais, vous, y avoir recours
Que toujours vous sentiez autour un peu d'amour
Et si vous en donnez, en aurez en retour.

Pierre-Jean BOUTET