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Cauchemars

Gargouilles grimaçantes de nos vieux cauchemars
Quand elles menaçaient du haut des armoires
Quand nous étions enfants effrayés par le noir
Qu'alors ces moulures tendaient leurs traquenards.

La peur pourvoyeuse de ces spéculations
Laisse la bride libre à l'imagination
Pour donner ces monstres hors de toute raison
Et pour nous enfermer dans sa propre prison.

C'est la nuit quand nos yeux n'ont plus leur usage
Qu'alors l'esprit recrée ses propres images
Que sa fébrile vie anime ces miasmes
Cachés dans ces recoins où sont nos phantasmes.

La pâleur de l'aube est alors bienvenue
Pour chasser ces ombres bien loin hors de nos vues
Heureux sont alors ceux pour qui le cauchemar
N'était pas plus réel qu'un rêve un peu bizarre.

Mais j'en connais hélas qui vivent dans l'horreur
La guerre ou la misère alimentent leurs peurs
Il n'y a de répit quel que soit le soleil
Qu'il brille ou non pour eux c'est bien toujours pareil.

Pierre-Jean BOUTET