La cage.
Il n’a plus d’appétit pour les choses terrestres
Tous ses sens l’abandonnent, il n’en est plus le mestre 
Sa chair n’est qu’enveloppe qui plus rien ne lui donne
Si ce n’est la douleur qui par elle frissonne.
Est-ce encore la vie de n’être qu’une conscience
Que n’être qu’un esprit sans le plaisir des sens ?
Est-ce encore la peine de vivre une existence
Quand on est spectateur de cette décadence ?
Étalé, impuissant sur un lit d’hôpital 
Ou bien dans un fauteuil, oh combien c’est banal
Maintenu à tout prix en vie végétative 
Il n’attend plus rien d’autre, mais que la mort arrive !
Moi j’ai bien réfléchi, à toutes ces questions
Moi mon corps m’appartient, comme ma vie, d’accord ?
Je pense avoir le droit de partir si je veux
Si la vie n’a plus rien à m’offrir de sérieux.
De quel droit m’empêcher de décider pour moi
M’enlever liberté d’exercer seul ce choix
Au nom de quels principes aurais-je à subir
Ces jours interminables, dusses-je ne souffrir ?
Respecte-t-on vraiment la simple dignité 
De ces vieillards parqués dans ces maisons-mouroirs ?
Ne serait-il pas juste de leur proposer
D’au moins leur accorder, s’ils veulent ce pouvoir ?
Est-ce encore une vie de ne pouvoir bouger
D’être aussi dépendant pour tout ce que l’on fait
Si l’on n’a plus ni joie, et pas plus de projet
Si de toute famille on est aussi coupé ?
Je vous laisse bien sûr à cette réflexion 
Ma conviction est faite, j’ai pris ma décision 
Je ne me laisserai pas enfermer en prison
Je quitterai ma cage pour n’être pas un pion.
Pierre-Jean BOUTET
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