Après tout...
Où s’en vont ces prières qu’on adresse au ciel
Quand on veut la lumière, qu’on doute du réel 
Qui entend ces suppliques, qui reçoit ces complaintes
Où se perdent ces mots qu’on récitent en vain ?
N’est-ce pas à soi-même que l’on parle alors
Avec cette illusion qu’il y a quelqu’un dehors
N’est-ce pas pour soi-même et pour tenir encore
Qu’on murmure des mots pour se donner du corps ?
Peu importe après tout si ça nous réconforte 
Si après la prière, notre âme se sent plus forte
Si l’on a retrouvé un peu de la confiance
Si l’on se sent moins seul avec cette espérance 
Que veille tout là-haut, présence tutélaire 
Comme une protection muette et bienveillante
Un être omnipotent, puissance vigilante
Qui s’intéresserait à nous pauvres hères.
La vie est si tragique, aussi belle qu’absurde
Qu’elle n’est pour chacun qu’un simple interlude
On y voudrait du sens, que le hasard élude
Du néant cette vie est hélas le prélude.
Moi je veux bien prier ça ne fait pas de mal
C’est du moins je le crois ce que nous dit Pascal
Mais je sens tout au fond qu’il n’y a de vérité 
Que dans la solitude et le présent en fait.
Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com