sirène

Sirène

La vague est venue doucement, paresseuse
Lécher les pieds du corps étendu sur la grève
Soulever ses cheveux, humecter ses lèvres
Le corps n'a tressailli de cette dormeuse.

La mer a rejeté de nuit la sirène
D'où vient cette femme que le sort amène ?
Les embruns sur sa peau ont déposé du sel
Qui renvoie des reflets comme d'un arc-en-ciel.

Le soleil a séché la peau sur son visage
Révélant par endroit d'étranges tatouages
Elle est quasi nue et sans aucun corsage
Sur la vague elle remue comme un poisson qui nage.

Les heures ont passé longuement sur la plage
Est-elle trépassée l'ondine qui y nage
Quand doucement son bras enfin elle soulève
Écarte ses cheveux et qu'elle essuie ses lèvres

Les oiseaux silencieux se mettent à pépier
La nature en suspens pousse un léger soupir
Comme un soulagement qu'elle n'a pu retenir
La vague à son tour se met à palpiter.

Quand elle s'est assise et a tendu ses bras
Vers le soleil là -haut il s'est mis à briller
Plus fort comme un signal comme s'il répondait
La mer a ondoyé au rythme de ses pas,

Quand elle s'est levée et s'est mise à chanter
Les hommes tout autour ont soudain tout cessé
Charmés par la chanson ils ont tous écouté
Le chant de la nature par la femme incarnée.

Elle a bu à la source là au pied des rochers
Elle a lavé ce corps par le sel attaqué
Elle a resplendi dans toute sa beauté
Elle a ri du bonheur d'être ainsi accordée

Alors elle a marché vers les eaux qui s'étirent
Jusque à l'horizon où le ciel se confond
Alors s'est immergée dans la mer qui l'aspire
Et elle a disparu tout droit vers les grands fonds.

La vague continue doucement, paresseuse
À caresser le sable où elle reposait
Effaçant toutes traces de l'étrange présence
Et des moments magiques de sa courte existence.

Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com