La dose et la valeur
Tout n’est-il pas en fait dépendant de la dose
Ou de l’intensité dans ce qu’on nous propose ?
N’en est-il pas ainsi vraiment de toutes choses,
Et par quelques exemples, je défends cette cause.
On se plaît, c’est acquis, à opposer entre elles
L’ombre et la lumière, et à préférer celle
Qui brille de ses feux et chaque chose éclaire 
Vouant aux gémonies, l’autre voire en enfer.
Pourtant il est des ombres que l’on dira propices
À protéger la sieste qui est un vrai délice 
Comme il est des lumières par trop aveuglantes
Qu’on s’empresse de fuir, toute affaire cessante.
On aime par ailleurs parler du chaud, du froid 
Et d’un cocon douillet apprécier la chaleur
Dire exposé au froid qu’il est bien trop glacial
Le combat entre eux paraît bien inégal.
Pourtant il est des froids que l’on dit délectables 
Une glace à lécher paraît fort acceptable
Comme il est des chaleurs que l’on trouve torrides
Qu’on essaie d’éviter, dont on est peu avides.
Je pourrai bien poursuivre entre le
Beau, le Laid
Évoquer ces contraires, qui semblent si marqués
Dire d’un beau visage, j’aime à le contempler
Pour mieux le détourner de celui contrefait.
Pourtant il est des faces de fort belle allure
Qui cache une laideur celle de cœurs trop durs
Comme sont des visages ravagés, disgracieux
Qui dissimulent un coeur délicat et précieux.
C’est à chacun de nous de ne faire confiance
Pas plus à ces poncifs qu’à de simples apparences
Les choses trouvent grâce ou non à notre cœur
Qu’en fonction, je le crois, de nos propres valeurs.
Pierre-Jean BOUTET
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