Une forte présence.
En si forte présence il faudrait donc se taire
Comme dans une église ou bien un cimetière
Pour ne laisser planer que le vide et l’absence
Au fait qui pourrait dire s’il a une existence ?
Il s’impose pourtant, au point que le rompre
Paraîtra blasphème ou impolitesse.
Qui pourra dire un jour qu’il a aperçu l’ombre
Que fait le silence au moment où bruit cesse ?
Pour n’être un malaise, il faut le désirer 
Au fond des solitudes il sera la douleur 
De n’entendre la voix qui fait vibrer le cœur 
Ne sera qu’un rappel d’un endroit désolé.
Pour être savouré, il exige du temps
La recherche de soi, en se montrant patient
Pour deviner la voie que l’on choisit de vivre
Au milieu des hommes, ou d’un dieu à suivre.
Qui connaît ses degrés, du léger au profond
Pourra s’y promener comme un coureur de fond
Dominant son sujet, et sans s’y égarer 
Il vaut mieux être fort pour alors s’y plonger.
Qui subira sa loi, en sortira meurtri
De cette expérience il a payé le prix
S’il n’a pas peur des mots, s’il aime trop la vie
Le calme du tombeau n’est sûr pas fait pour lui.
Pierre-Jean BOUTET
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