Remuements.
Combien de remuements, au cœur de notre intime
Combien de ces tourments, que la chair nous intime ?
J’en connais qui se sentent alors un peu infirmes 
Qui ne comprennent pas tout ce à quoi ça rime.
Ils ne croient qu’à l’esprit et aux choses célestes 
Ils renient cette chair dont nous sommes vivants
Ce corps bien trop pesant et bien trop exigeant
Ils fuient ces contingences, tout autant que la peste.
Ils renient tout en eux de ce qui est animal 
Comme si tout cela n’incarnait que le mal 
Mais ils font fausse route, quand ils croient que le monde
N’est fait que de l’éther, il y a aussi l’immonde.
Car le sort de tout homme est bien dans ce combat
Entre l’esprit la chair, il y a toujours débat 
Ménager l’équilibre entre ce qui nous fait
Quitte, on le sait bien, à rester imparfait.
Si la poésie m’ouvre à bien des dimensions 
Où je puis à loisir, voler à ma façon 
Elle se nourrit toujours de ces mille expériences 
Que mon corps a su faire, à travers mes cinq sens.
Moi je ne renie rien, de ces tiraillements
Ni de ces frustrations ou ces contentements
Mon corps est en accord, qu’il jouisse ou qu’il souffre 
Il m’ouvre aussi des voies, où mes pensées s’engouffrent.
Pierre-Jean BOUTET
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