Au milieu des roseaux.
Souvent me prend l’envie de me couper du monde
Ou plus exactement d’ignorer l’extérieur 
Tout ce qui ne se trouve à dix lieux à la ronde 
Où j’évite le pire et garde le meilleur.
Cesser de naviguer et recevoir ces ondes
Ces oiseaux de malheur à la triste faconde
Porteurs de ces nouvelles à me faire frémir 
D’images et de scènes où tout est à mourir.
Juste ouvrir ma fenêtre pour respirer l’air pur
N’avoir que des regards sur la belle nature
Sans penser à demain, à ces mauvais augures
Qui annoncent à grands cris la fin de l’aventure.
Depuis mon pré carré, dans mon petit jardin
Où bourdonne l’abeille et fleurit le jasmin
Depuis mon cher village où niche l’hirondelle
Depuis cette maison, où vis aussi ma belle.
Souvent je ne veux croire aux tristes prévisions 
J’en ai assez de voir les hommes en déraison 
Je m’en vais de ce pas au bord de mon ruisseau 
Écrire quelques vers au milieu des roseaux.
Pierre-Jean BOUTET
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