Comme une urgence.
Oui J’écrirai toujours car les mots le réclament 
Sans souci de savoir si d’autres gens m’acclament
J’habillerai des pages de la fine résille 
Que fait la poésie lorsqu’elle y grésille.
Je ne puis me lasser de ces vers qui s’enchaînent
Me libérant, qui sait, d’invisibles chaînes
Où prennent leur envol quelques idées baroques
Ou d’étranges décors que la plume y croque,
Puis je me relirai comme l’écrit d’un autre 
Jusqu’à ce que parfois je m’y plaise et m’y vautre
Ou que je me demande d’où sont sortis ces mots
Quand je n’ai souvenir d’aucun de ces propos.
Mais j’écrirai toujours comme une exigence
Comme une condition de ma propre existence
Sans connaître le but, sans comprendre le sens
Comme un impératif et comme une urgence.
Je livrerai ces vers aux vents qui les emportent 
Aux ondes impalpables qui les sèment à la ronde 
Je ne crois un instant, qu’ils vont changer le monde
Même si chez certains, ils entrouvrent des portes.
Et j’écrirai encore ces vers qui prennent corps 
Jaillis de mon esprit et issus de mon corps 
Ces mots qui n’ont besoin de trop durs corps à corps 
Pour venir à la vie et conjurer la mort.
Pierre-Jean BOUTET
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