Comme un long cauchemar.
Il est venu le temps des grands renoncements
Désormais il faudra que l’on vive autrement 
Finis les grands voyages à l’autre bout du monde
Partir vérifier si la terre est bien ronde.
Autour du vieux clocher ou du champ de patates 
Retrouver ses amis, ses parents, c’est l’éclate 
On refera ces bals de nos samedis soirs
Et on fera du feu pour dissiper le noir.
Au rancard les bagnoles, plus d’essence à la pompe
On ressort les carrioles, les chevaux et nos pompes
C’est pas sûr qu’internet fonctionnera encore
On sortira les timbres, pour écrire au dehors.
L’hiver on aura froid, on chauffera au bois
L’été sera trop chaud on se mettra à l’eau 
Si de l’eau il y en a, encore un peu pour ça 
Si du bois il en reste, pour refaire ces gestes.
On fera plus d’enfants sauf en cas de feu vert
Les vieux seront très vite envoyés en enfer
Faudra gagner sa croûte, faudra participer
Faible et inutiles seront éliminés.
La solidarité sera pour la famille
Le retour des tribus on reverra très vite
La civilisation se sera délitée 
Tout était trop fragile pour pouvoir la sauver.
Viendra alors le temps des grandes catastrophes
Des barrages qui cèdent faute d’un entretien 
Les centrales divergent quand elles sont nucléaires 
Des territoires entiers en sont stérilisés.
La guerre sévira dans de derniers sursauts 
Quand les plus forts encore partiront à l’assaut
Pour grappiller encore quelques rares ressources
Pour venir les voler en direct à la source.
Les plus riches vivront dans des ghettos gardés 
Protégés dans leurs bulles ils seront à l’abri 
Des miasmes de ce monde qui sera pollué 
Tandis que les plus pauvres crèveront sans un bruit.
Quelques siècles encore ou même décennies
Et ce monde en déroute sera bientôt fini
Et sous les pas de l’homme qui aura disparu 
Refleurira la vie que l’on disait perdue.
Pierre-Jean BOUTET
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