Variations sur le temps.
Qui n’a pas comparé le temps à une vague
À un grand toboggan, à un tapis glissant 
Si je m’y mets aussi et sur lui je divague 
Il est pour moi un vent qui nous mord jusqu’au sang.
Non nous n’avançons pas, nous restons immobiles
C’est le temps qui atteint l’enveloppe fragile.
Comme fleur dans son pot qui se fane et qui meurt,
Comme le fruit trop mûr, flétrit en quelques heures.
Encore une illusion car même immobile
Tout change au cœur de nous et tout est volatile.
Tout au cœur des cellules c’est une sarabande 
De réactions chimiques, et de vie en demande.
Nous sommes tel le monde, chaque instant différent 
Reconstruits et refaits, dans l’univers changeant.
L’ami et l’ennemi est donc le mouvement 
Rien n’est identique, à tout moment constant.
Si ce n’est le diamant, qui traverse le temps
Si ce n’est le cristal, figé dans son éclat 
Mais ce sont minéraux et sont d’un autre état 
Ils sont fruits d’un moment, au temps indifférents.
Il ne peut exister un temps, hors du temps
Et s’il est relatif, il règne sans partage
Il est maître de tout et même de l’espace
Tout ce que l’on connaît , est parce qu’il passe.
Des successions de mondes sans cesse renaissants
Qui laissent derrière eux des traits évanescents 
Autant d’instantanés d’un film projeté 
Qui aurait pour se vivre toute une éternité.
Nos sens sont bien trop frustes pour bien l’appréhender 
Il y faut des formules par l’esprit inventées 
Pour en saisir peut être cette complexité 
Je ne suis qu’un poète en toute humilité.
Pierre-Jean BOUTET
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