En écho à Elisabeth Réau et à son poème...
  L'ORTIE
A quoi me sert-il donc d'écrire ces poèmes,
Etats d'âme d'un jour, sentiment d'un instant,
Alors qu'en d'autres temps je serai toujours blême,
Dévorée par les vers, le corps sanguinolent ?
Que voudrais-je aujourd'hui de la vie qui me reste
Si ce n'est perdurer et me sentir vivante,
Eloigner pour toujours les affres de la peste,
Me gaver de paroles aux couleurs émouvantes ?
Je m'accroche à la vie, je compose des rimes,
Je veux m'enraciner dans le néant des jours,
Mais n'importe, après tout, qu'un jour on me supprime,
Je ne suis qu'une ortie dans un champ de velours !
Quand je pense au futur je ne vois rien que j'aime,
Si ce n'est un long fil suspendu hors du temps
Et je n'ai pas le coeur d'explorer tous les thèmes,
La nature d'ailleurs m'a volé le printemps !
        Elisabeth Réau
Pourquoi t’interroger sur ton envie d’écrire ?
La poésie n’est pas bien faite pour servir.
Elle est un cri poussé, parce que tous on aime
La couleur de la vie, plus que les chrysanthèmes.
La vie s’accroche à toi, autant que tu t’accroches
Elle est faite de rondes, tout autant que de croches.
Sais-tu bien que l’ortie, est plante un peu magique 
Pleine de qualités, aux vertus bénéfiques ?
Point ne pense au futur, car il n’est pas pour toi
Ça reste une aventure, mais pour d’autres que toi.
Profite des instants qui restent dans ta poche
Ne réfléchis pas trop, à des choses trop moches.
Apporte nous plutôt, de ta noirceur étrange, 
De ces sirops trop doux, cela un peu nous change.
Fais en un exutoire, pour tes sombres soucis,
Partage avec nous, toujours ta poésie.
Pierre-Jean BOUTET