Échec.
Le long de rives en fange des regards impavides
Observent les épaves de ces gens qui se vident
En soubresauts obscènes de leurs chairs trop livides
Sans laisser après eux ne serait-ce qu’une ride.
Dans leurs yeux où les ombres ne laissent qu’un trou noir
Personne pour y voir une lueur d’espoir
Ils sont là sur la rive lorsque tombe le soir
Leurs visages sont froids et leurs os sont d’ivoire.
Personne pour les voir ces témoins silencieux
Quand c’est depuis toujours qu’ils observent les actes
De ces hommes créés un beau jour sous les cieux
Au terme à ce qu’on dit d’un bien étrange pacte.
Les maîtres de l’horloge qui mesure le temps
Attendent le signal qui dira à l’instant
S’il faut y mettre fin à cet échec cuisant
Encore une espèce qui n’a duré longtemps.
Faut-il donc que la vie se dévore elle même 
En répandant les maux que toujours elle sème 
Dès lors que cette vie a conscience d’elle même 
Et qu’elle veut de tout faire son seul domaine ?
Pierre-Jean BOUTET
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