Les vies invisibles.
Pourquoi nous accrocher aux rumeurs du passé 
Pourquoi tant de regrets de ce qu’on a été 
Comment se libérer de ces pensées moroses
Vivre sans oublier le parfum qu’ont les roses.
Dans tous ces temps anciens il est toujours loisible 
D’aller s’y promener, de s’y croire invincible
Quand ce qu’on en retient est plutôt le meilleur 
Les pires souvenirs, on les préfère ailleurs.
Pour les temps à venir, on éprouve des craintes
C’est l’imagination qui va pousser sa plainte 
Quand tant d’incertitudes pèsent on sait sur demain
On peine, il est vrai, à voir un beau dessin.
Ce monde n’aura de fin que le soleil éteint 
Si ce monde est la terre, c’est bien là son destin
Mais la vie est fragile, c’est fine pellicule
Dont nous n’avons de cesse que tant de vies basculent.
Jamais jusqu’à présent dans le temps d’une vie
On pouvait voir changer la nature autant 
De l’enfant au vieillard, l’herbe n’avait jauni
Le rossignol chantait au jardin son doux chant.
Avant c’est de l’enfance qu’on parlait au passé 
À présent c’est de choses qui ont pu exister
De mille vies autour qui nous accompagnaient
Lorsque dans la forêt, on s’en allait jouer.
Ce n’était mieux avant, mais c’était différent 
Savons-nous de quel prix on paye nos progrès ?
Si dans le sang versé par ces vies invisibles
Nous ne nous noierons pas comme des imbéciles ?
Pierre-Jean BOUTET
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