Nuit.
Le papillon de nuit a déployé ses ailes
Attiré par l’odeur et la faible lumière 
Il volète à plaisir dans l’abri des sous-bois
Mais la chauve-souris entend son vol de soie.
La nuit est le théâtre de mille et une vies
La nature à ces heures encore grouille et vit
Tandis que nous dormons de nos fatigues diurnes
Beaucoup d’autres animaux ont des ébats nocturnes.
La lumière lunaire se mire dans des yeux
Qui brillent tout soudain dans le noir ténébreux
La chouette hulule, le renard aux aguets
Le mulot lui s’effraie de leur vue acérée.
Bien des fleurs s’épanouissent, en ces heures propices 
Inondant les jardins de parfums exotiques
Fleurs de lune, galants de nuit, noms magiques
Pour désigner ces fleurs, aux troublants artifices.
Nous vivons à moitié tout le temps de nos vies
Tout un monde existe l’espace de nos nuits
Même les noctambules passent tout à côté 
Car souvent ils s’agitent dans des lieux trop fermés.
Si la nuit nous fait peur c’est qu’elle semble étrangère 
À nous qui exigeons partout de la lumière 
Dans cette obscurité nos sens sont impuissants
À sentir les menaces, et notre corps se tend.
Goûter à ces moments, pourtant cela s’apprend 
On devient familier des bruits, des mouvements
On connaît les dangers, contre eux on se défend 
On vit le merveilleux, alors on se détend.
Pierre-Jean BOUTET
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