Tous ceux qui sont partis.
Tous ceux qui sont partis dans la fleur de leur âge 
Cet âge où l’on croit aux plus glorieux messages
Où il est si facile de se persuader
Que le mal est ailleurs, et qu’on doit le traquer.
Tous ceux qui sont partis et la fleur au fusil
Ces jeunes qui croyaient être en ce temps utiles
Pour aller s’effondrer et mourir sur des plages
Que surmontent à présent de jolis paysages.
Tous ceux qui sont partis, droits vers leur sacrifice
Célébrés aujourd’hui à grands coups d’artifices,
Méritent les honneurs, mais surtout nos regrets
Qu’ils n’aient pu voir renaître, toutes nos libertés.
Tous ceux qui sont partis et qui furent victimes
Des folies inhumaines, de sombres dictateurs,
Toutes ces vies gâchées, qui parlent à notre intime
Mais nous ont libéré, de bien plus grands malheurs.
Tous ceux qui sont partis, enfouis dans ce passé 
Dans des jours si lointains, qu’ils semblent aux jeunes, rêvés 
Vivent dans les mémoires, de ceux qu’ils ont laissés
Mais pour combien de temps, avant d’être oubliés ?
Tous ceux qui sont partis pour ne point revenir
Se sont battus pour ce à quoi on doit tenir
Ces valeurs qu’on oublie souvent en temps de paix
Ces choses auxquelles on tient, comme si elles étaient 
Acquises pour toujours, sans besoin de se battre
De comprendre à quel point, il nous faut les défendre 
Les temps sont revenus de prendre leur parti
Ce pour quoi ont péri, tous ceux qui sont partis.
Pierre-Jean BOUTET
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