La course.
Ils courent frénétiques, on ne sait après quoi
Toujours avec la peur d’être un peu en retard
Ils se sentent coupables de respirer un peu
Ils croient que d’aller vite ce sera toujours mieux.
Leurs vies sont occupées de mille choses à faire
S’arrêter et s’asseoir ne fait pas leur affaire
Mais ont-ils bien choisi la course à perdre haleine 
On voit que dans ce jeu beaucoup sont à la peine.
Parfois en plein élan, on en voit s’effondrer 
Comme font les poupées trop désarticulées 
Ils deviennent chiffons juste bons à jeter
Combien impitoyable est notre société !
D’abord les emporter, dans ce flux incessant
Pour que pour réfléchir, ils n’aient jamais de temps 
Les acculer sans cesse, de travaux oppressants 
Pour mieux les contrôler, qu’ils soient obéissants.
Juste les appâter, par des biens matériels 
Qu’ils n’aient jamais assez, de joies artificielles
Qu’ils se tuent à la tâche, pour seulement survivre
Ou avoir l’illusion qu’ils sont encore libres.
Regardez-les courir, vous qui êtes plus sages
Ou qui avez la chance d’avoir d’autres usages
Le seul luxe est le temps, celui dont on dispose
Pour aimer et danser et cultiver ses roses.
Pierre-Jean BOUTET
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