Une tout autre histoire.
Lentement tout d’abord mais très intensément 
Le temps est dilaté tant il est si rempli 
L’enfance se déroule souvent passionnément 
Tout est découverte par quoi on se construit.
Pas à pas on prend conscience alors de qui on est
On comprend d’où l’on vient et comment on est né 
On découvre le monde sans comprendre ce qu’il est
On est encore au stade de la naïveté.
On grandit si on a cette chance un peu folle
Encadré par des grands, éduqué par l’école 
On découvre alors que tout n’est pas si drôle 
Qu’il faudra travailler pour bien jouer son rôle 
C’est le temps des révoltes contre l’ordre établi 
On se pense plus libre, de justice épris 
Il semble que le monde devrait tourner plus rond 
Alors on se rebelle pour qu’il change de ton.
On grandit par malheur dans un pays sans loi
Aux mains d’une famille ou pire de rénégats
On y apprend la haine ainsi que l’ennemi 
On en est imprégné alors toute la vie
C’est le temps de ces guerres qui usent des enfants
Qui les arment, les gèrent et leur volent leur temps 
De ces générations de jeunes fanatiques
Qui ne connaissent hélas que ce sort fatidique.
On devient un adulte dans tous les cas pourtant
Pour construire un foyer et avoir des enfants
Si on a de la chance faire un pas en avant
Si l’on est égaré pour y perdre son temps.
On est pris par la vie qui vous prend à la gorge 
On n’a plus trop le temps de poser des questions 
On peut prendre des vies ou même on égorge
Si on croit que tuer est une solution.
Aux termes d’une vie lorsqu’elle fut pacifique
On connaît une trêve pour certains fantastique
Faite de liberté comme d’initiatives
Certains ont l’impression que c’est alors qu’ils vivent.
Tout va alors très vite le temps semble manquer 
Il file entre les doigts, on ne peut le freiner 
Et quand le corps décline tout semble à l’arrêt 
Mais les aiguilles tournent comme pour s’en moquer.
Le terme de la vie lorsqu’elle est agressive
Vient bien se fracasser sur des arêtes vives
La violence rattrape ceux qui l’ont provoquée 
Il est rare qu’alors on vieillisse en paix.
Mais a-t-on eu le choix de cette trajectoire
On est tous bien le fruit d’une tout autre histoire
Celle qu’on a écrite avant que l’on soit né 
Celle qu’on a inscrite et où l’on est tombée.
Pierre-Jean BOUTET
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