Le vieux clou.
Un pauvre clou rouillé, fiché dans une planche
Qui tient bien accroché le coin d’un vieux tableau
Depuis qu’il fut planté, il ne cède, il ne flanche
Il remplit sa mission, bien qu’il ne soit très beau.
Combien ceux d’entre nous qui sont comme ce clou
Qui ont un peu trot tôt, planté un jour leurs choux
Qui n’ont jamais bougé, accrochés à leur terre
Qui finiront tout seul oubliés, solitaires.
Un clou lui ne choisit où et quand il s’enfonce
Et aussitôt planté jamais il ne renonce
À l’inverse de nous qui pouvons décider 
De rester ou partir sans y être forcés.
Pierre-Jean BOUTET