Les jolis défilés 
Te souviens-tu, ami, des jolis défilés 
Que l’on voyait passer à chaque premier mai
Des travailleurs réjouis, cortèges bon enfant
Pour célébrer la fête du travail en chantant
La belle affirmation des fiertés ouvrières 
Du temps où on croyait, au progrès des lumières 
Où le rapport de forces faisait partie du jeu
Où la lutte des classes faisait peur, mais un peu.
Te souviens-tu des stands tout au long du parcours 
À chaque coin de rue on voyait ses clochettes
Le muguet en ce temps était geste d’amour
Autant que de printemps et promesses de fêtes.
Les couleurs des drapeaux étaient tachés de sang
Mais on marchait sous eux, bien souvent en dansant 
Le flot majestueux fait de manifestants
S’écoulait bien tranquille, sous les yeux des passants.
Le peuple semblait alors, uni et solidaire 
L’ennemi, le patron, était voué à l’enfer
La République jadis arbitrait les conflits 
Puis tout rentrait dans l’ordre, car un jour ça suffit.
Que vois-tu maintenant, dans la rue, le désordre 
Et puis autant de causes qui ne veulent démordre 
Le pouvoir impuissant, qui ne sait quoi répondre 
Ailleurs les vrais puissants, continuent à nous tondre.
Pierre-Jean BOUTET
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