Ah ce souvenir d’elle !
Elle est partie un jour, ne saurai dire quand
Sur la pointe des pieds sans même un mot d’adieu
Les ans qui ont passé servent de paravent 
A la garce superbe qu’on a perdu des yeux.
On la croit dans nos veines lors qu’elle s’est barrée 
On se sent à la peine, on se croit fatigué 
Que ce n’est qu’un moment de gêne passagère 
Que ça va revenir, juste un temps que l’on gère.
Lentement on perd pied, où est passé le souffle ?
On prend plus de plaisir à chausser ses pantoufles
Quand il faut faire un bond, on mesure l’effort
L’énergie que l’on brûle, ne nous rend plus si fort.
On tire sur la corde où on était à l’aise
Le repos qu’on s’accorde et ce poids qui tant pèse 
Si le coeur est vaillant, le corps est un poids mort
On traine un peu derrière, pour regagner le port.
Quand m’a-t-elle quitté ma si chère jeunesse ?
Je n’ai su la garder cette belle ivresse
Je n’ai plus qu’à chanter les souvenirs que j’ai
En me disant que d’elle n’ai assez profité.
Pierre-Jean BOUTET
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