Dérives.
Ça vous tombe dessus sans même prévenir
L’humeur est trop fantasque on ne la voit venir
Tantôt elle vous plombe pendant des jours entiers
Puis comme la colombe elle va s’envoler
Pour laisser une place à cette joie de vivre
Qui alors sur vos lèvres vient oser un sourire
Pour vous faire léger, plus léger qu’une bulle
Lorsque votre esprit enfin plus ne calcule.
Faut-il donc lâcher prise et s’en remettre au vent
A celui du hasard et lui faire confiance ?
Se dire qu’après tout pas de désespérance 
Des futurs désastreux, il y en a eu avant.
Il nous reste heureux quelques coins de nature
Des hommes formidables et quelques valeurs sûres 
Toujours au pied du mur on a su réagir 
On ouvrira encore les portes de l’avenir.
Vous sentez toutefois combien je n’y crois guère 
Que je me force un peu à être en allégresse 
Mais je sais trop combien mes écrits vous oppressent 
Quand je ne vois bientôt plus de vie sur la terre.
Alors au moins agir même si on n’est rien
Qu’un pauvre goéland qui brave les tempêtes 
Mettons nos grains de sel dans l’affreuse machine
Mais qui l’enrayera, personne ne le devine.
Dois-je le reconnaître, je suis bien d’être vieux
De ces temps à venir je ne suis envieux 
Ces drames qui s’annoncent me font vraiment très peur
Je ne veux point les vivre, j’y vois trop de malheurs.
Dois-je le reconnaître je suis aussi honteux
De n’avoir su, ni pu empêcher ces dérives 
Tous ces choix malheureux qui conduisent aux rives
D’un fleuve qui nous porte vers des temps si affreux.
Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com