Duo de plumes Pierre-Jean BOUTET & Danièle LABRANCHE

Le temps des poètes,

Je t'observe poète allant déambulant,
Prêtant à la nature la beauté de tes mots,
Qui donc guide ta plume au discours éloquent,
Exorcisant ainsi, la douleur de tes maux ?

Là est bien la question qui souvent me taraude
Quand mon esprit là haut entame sa maraude
Pour aller y vibrer à l’écoute des ondes
Qui soufflent ces mots qui mes textes inondent.

Je te lis chaque jour, me nourris de tes mots
Décryptant chaque phrase, qui raconte une histoire,
Ton encre se répand et nous livre en cadeau
À travers tes écrits, bonheur ou désespoir.

Je ne sais qui de l’encre ou du sang se répand
Est-ce mon cœur qui saigne ou mon corps qui se rend ?
Si mes mots sont cadeaux sont-ils empoisonnés ?
Ils disent tous les maux dont je suis prisonnier.

Si je te lis poète c'est bien que tu m'enchantes,
Que je trouve plaisir au sein de tes écrits,
Tes mots ne sont poisons tel que tu argumentes,
Ils entrent en résonance en chacun qui te lit.

Ta propre poésie, je la trouve éclatante
Pleine de sentiments, de peines déchirantes
Elle m’ouvre les paupières qui sinon seraient closes
Je reste admiratif qu’elle ne soit morose.

Chacun a sa façon d'émettre ses pensées,
La plume nous raconte et brode chaque mot,
On se dévoile ainsi, qui du faux, qui du vrai ?
La réponse au lecteur qui s'en fera l'écho.

Le temps parle aux poètes, à tous en même temps,
Mais ce qu’ils en retiennent est toujours différent.
Je suis quoi qu’il advienne à l’écoute du vent,
Des mots parfois y traînent qui sont forts émouvants.

Et j'aime ces mots là qui glissent de ta plume,
Je cherche quelquefois à percer ton humeur,
Quand tu parles soleil ou bien matin de brume,
J'essaie de deviner si c'est histoire de cœur.

Si je savais moi même d’où me viennent ces mots
Qui sont valses de Vienne, parfois bruits de grelots
Autant qu’il m’en souvienne, je ne suis qu’un griot
Des savanes africaines, ou un pauvre poulbot.

Oui mais qui que tu sois, tu as cette richesse
De faire parler la plume que tu tiens dans ta main,
Elle porte les effluves de moments de sagesse,
Que tu viens nous conter à l'aube d'un matin.

Je n’ai de vérités que l’amour qu’on me porte
Je n’ai de conviction que celui que je donne
Sais-tu révélation qui s’avère plus forte ?
C’est ce que dit ma plume lorsqu’elle s’abandonne.

Je lis à travers elle et je sais tes colères
Quand le monde va mal, que ton pays tressaille
Que tu voudrais pouvoir, mais que tu ne peux faire
Craignant à tous moments que naisse la pagaille.

La poésie est mer qui laisse sur la page
Les mots qu'elle a posés comme sur une plage
Écoute ce qu'elle dit au creux des coquillages
Tu y entendras un jour ce que dit son langage.

Elle parlera d'hier, de souvenirs anciens,
De bonheur, d'espérance aussi d'humanité,
De ces amours qui naissent au hasard d'un chemin,
Et des tendres promesses qu'un jour on s'est jurées.

Elle dira la vie telle qu'on la reçoit,
À travers les pensées, celles que je conçois,
Fragile témoignage qui dans d'autres se noie,
Comme le flot du fleuve dans la mer où il va.

Elle parlera du temps, des oiseaux et du vent,
Du vieillard qui se meurt et de l'enfant qui naît,
Du bateau qui s'en va dans le port délaissant
Des femmes et des gamins aux regards attristés .

Nous suivrons des chemins que l’on connaît trop bien
Pour chanter la beauté et le mal et le bien,
Se soumettant au temps qui tout pousse en avant
Essayant d’en saisir tous les meilleurs instants.

Danièle LABRANCHE & Pierre-Jean BOUTET