Mes larmes.
S’il me fallait verser à chaque mort des larmes
J’en serai desséché tant le chagrin décharne
Des âmes qui s’envolent et des corps qui succombent
Le temps chaque seconde en remplit tant de tombes.
A longueur de semaines, j’entends des catastrophes
De les accumuler ne me rend philosophe
Celles de la nature sont elles inévitables 
Quand une forêt brûle, qui sont donc les coupables ?
S’il me fallait pleurer sur les malheurs du monde
Des baignoires entières ne seraient si profondes
Pour recueillir les larmes échappées de mes yeux
Même si pour cela j’en implorais les dieux.
Aucune échappatoire, à ces tristes échos 
Même si fort sonnaient trompettes à Jericho
Rien pour masquer les cris et effacer les meurtres
Rien pour se croire fort, alors que l’on est pleutre.
S’il me fallait porter à chaque fois le deuil
C’est habillé de noir que resterait mon coeur
Pour garder souvenir de toutes les victimes
Pour leur rendre hommage comme on me l’intime.
Se connecter au monde c’est vibrer avec lui
Caisse de résonance pour chacun des ennuis
Je ne suis pas si fort, je ne suis assez grand
Pour accueillir en moi tous les jours ses tourments.
Pierre-Jean BOUTET
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