Dans des bulles.
Dois-je les faire entendre ainsi mes lamentos
Dire encore et encore des hommes tous les maux
Tous ceux qu’ils ont subis et tous ceux qu’ils infligent
Au point que de stupeur, ma plume là se fige ?
Devrai-je bien plutôt, pour le temps qu’il nous reste
Rappeler et chanter la beauté de leurs gestes
Ceux par lesquels ils créent des œuvres inoubliables
Car de cela aussi ils demeurent capables.
Quel étrange destin que celui de l’espèce 
Qui sait tout à la fois créer, anéantir 
Alors qu’elle est sortie de la soupe épaisse 
D’une évolution qui n’a pas d’avenir.
Alpha et Oméga, le début et la fin
La promesse tenue, qui est pourtant déçue 
A moins qu’elle ne trouve enfin le bon chemin
À moins que bien trop tard elle ne l’ait aperçu ?
De la belle nature, elle est un miracle
Devenu cauchemar, quand elle offre spectacle
De sa triste incurie à respecter sa mère, 
De son ingratitude par ailleurs suicidaire.
Je voudrais comme d’autres, pouvoir d’abord louer
Toutes les qualités qu’ont pourtant mes semblables
Par beaucoup de leurs actes, je demeure cloué
Par ceux, nombreux hélas, qui sont inexcusables.
Je souffre de me dire que les enfants demain
Ne prendront plus de fleurs dans leurs petites mains
N’entendront plus d’oiseaux chanter dans les jardins
Ne verront plus le ciel, à l’aube, le matin.
Je souffre de penser que tout sera poison
Comme l’air qu’il respire ou la moindre boisson
Issue d’une nature gâtée de pollutions
Ils vivront dans des bulles qui seront leur prison.
Pierre-Jean BOUTET
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