Cocon.
Nous avons tous un lit au cœur de nos maisons
Pour beaucoup c’est un nid où faire pâmoisons 
Où avoir ces ébats, ces fruits de la passion
Où cacher tout l’intime de deux corps en fusion.
À la belle médaille il y a un revers
Lorsque le lit devient antichambre d’enfer
Lorsque on s’y retrouve tout perclus de douleurs
Lorsque le lit devient la prison de l’horreur.
Le lit est un refuge pour y vivre ou mourir
Où l’on passe du temps, trop de temps à dormir 
Où l’on passe un moment bien trop court à s’aimer
Où l’on trépasse aussi après bien des années.
Beaucoup ont même lit tout au long de leur vie
Pour accueillir ainsi leurs joies et leurs soucis
Beaucoup n’ont même lit qu’ils l’aient ou non choisi
Nomades ou volages, ils vont de lits en lits.
C’est la barque immobile pour un très long voyage
Le radeau impassible pour chacun des passages
C’est le nid symbolique des vœux et des aveux
C’est l’ancre invisible de beaucoup de nos jeux. 
À ceux qui n’ont de lit et pas plus de maison
Que l’on dit sans abri à perdre la raison
J’adresse sans réserve toute ma compassion
À ceux qui n’ont de nid pour y faire cocon.
Pierre-Jean BOUTET 
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