Coups de crayons.

Tu écris, j’écris, nous écrivons 

Tu cries, je crie, nous crions
À la pointe de nos crayons
Parfois même nous en rions !
Nous nous prenons tous pour des lions
Quand nous ne sommes que des pions
Par poésies, nous nous lions
Par la langue que nous pillons.
Tu dis, je dis et nous disons
Du fond du cœur, de nos passions
De nos erreurs, de nos prisons
Nos folies et nos déraisons.
Nous nous prenons pour des champions
Quand nous sommes des lumignons
Cherchant la bonne direction
Comme l’aveugle et son bâton.
Tu vis, je vis, tous nous vivons
Avec l’étrange impression
D’être jetés sans instructions
Dans un chaudron aux chauds bouillons.
Nous nous prenons pour exceptions
Meilleurs produits d’évolution 
Pour ce que nous en connaissons
Nous sommes au vrai bien trop brouillons.
Tu scies, je scie, tous nous scions
La branche où tous nous vivons
Allègrement et en chansons 
Autour de nous, tout piétinons.
Car les plus forts nous nous croyons
Pour l’argent une adoration
Au dessus des lois nous nous pensons
Jamais nous ne nous réveillons. 
Pierre-Jean BOUTET
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