Pour mieux l’apprivoiser.
J’en conviens, j’ai menti, trop de forfanterie
Car lorsque tout va bien, c’est alors qu’on en rit
Quand le corps va plus mal et que tout se déglingue 
Alors la peur nous vient à en devenir dingue.
On la sent là tout près tournant comme un vautour
L’air devient oppressant et l’esprit est plus lourd
Elle imprègne aussi parfois tout le décor 
L’atmosphère est plombée par cette odeur de mort.
Elle guette ce moment où on lâchera prise
Elle sait que l’on n’échappe jamais à son emprise
Combien j’aimerais mieux qu’elle vienne me surprendre
Plutôt que d’être là à souffrir et attendre.
Elle vient nous frôler par instants dans nos vies
Histoire de rappeler l’ultime rendez-vous
Peut-être pour nous dire, profite bien et jouis
Ces temps que je t’accorde, il n’y en a plus au bout.
J’en conviens, je lui parle pour mieux l’apprivoiser 
Histoire de lui dire ne viens pas pavoiser
Laisse moi l’illusion de ce bonheur tranquille
Ne viens pas tout gâcher par des douleurs qui vrillent.
Car le moment venu je te rendrai les armes
Inutile est donc d’envoyer tes alarmes
La vie est trop remplie de douleurs et de larmes
Pour qu’en plus tu t’en mêles et y fasse vacarme.
Pierre-Jean BOUTET