La clef.
Jamais encore il n’avait vu, car ses vrais yeux étaient fermés 
Jusque là il s’était perdu, et avait presque abandonné 
L’ardente quête de l’inconnu, au delà des réalités 
De celles qui ne sont perçues, que par les rares initiés.
À présent il sait voyager le long des algues serpentines 
Il aime à aller s’y perdre dans ses pensées éléphantines 
Là où rien n’est pour présager, malgré les formules latines
Que l’on peut tout imaginer, sans que le temps ne le patine.
Il n’appartient plus à ce monde, où il était jadis plongé 
Il lui suffit d’une seconde pour pouvoir loin s’en évader
Où il va la terre n’est ronde, elle est comme cela lui plaît 
Son esprit à loisir y sonde, sa manière à lui de songer.
Son corps n’est plus qu’une enveloppe, dont il s’extrait à volonté 
Certes son monde est interlope, il sait bien qu’il y a danger.
Il ne faudrait pas qu’on le chope, car lui il ne veut plus changer
Alors il tire sur sa clope, la seule clef pour s’en aller.
Pierre-Jean BOUTET 
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