Le bruit du ressac.
As-tu fais comme moi un jour l’étrange rêve 
De te retrouver nu et gisant sur la grève 
Ne sachant où et quand, tu es quand tu te lèves 
Ni pourquoi, ni comment, ni qui ainsi t’enlève ?
Tu n’as plus de repères dans ce décor bizarre
Une mer et un ciel occupent ton regard
Le ressac tu entends, et tu restes hagard 
Tu ne sais trop quoi faire en jouet du hasard.
Tu es la seule vie dans cet espace immense
Et pour seul mouvement sont ces vagues qui dansent
Fais-tu un cauchemar, c’est bien ce que tu penses
Mais tout est si réel, quelle drôle de transe.
As-tu fermé les yeux pour effacer la scène 
Pensant qu’à ne la voir autre part on t’amène 
Les as-tu réouvert en poussant un grand cri
Un appel au secours tant tu as été surpris.
Car rien n’avait changé, pourtant tu te réveilles 
Tu es tout en sueur en sortant du sommeil 
Une saveur salée résiste dans ta bouche
Tu bondis hors du lit pour aller sous la douche.
Tu trembles encore un peu, tant encore tu doutes
D’avoir quitté ce monde et combien tu redoutes
Qu’en refermant les yeux, tu y sois replongé 
A cette perspective tu as peur de songer.
Tu t’assieds sur la chaise te tenant loin du lit
Tu ne veux pas sombrer, tu veilles à tout prix
Jusqu’à ce qu’elle perce à travers les volets 
La lueur du matin, tes craintes envolées.
Tu ouvres la fenêtre, les volets écartés 
Tu savoures la vue pour mieux te soulager 
La mer au loin s’étale sous un ciel bien brumeux
Et le bruit du ressac s’entend là sous tes yeux.
Pierre-Jean BOUTET
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