Les douleurs anciennes.
On a si mal parfois, que plus rien ne nous touche
La douleur a rempli le corps à pleines louches
C’est fou comme souffrir peut mettre sur la touche
Comme plus rien ne vaut, comme tout ça vous bouche.
On devient prisonnier d’une bulle étanche 
Seuls en sortent des mots, par quoi elle s’épanche 
On rêve d’une chose, de prendre sa revanche
Dès que l’on sentira qu’enfin peut être elle flanche.
On se promet alors de jamais plus se plaindre
Pourvu que la douleur ne vienne nous étreindre 
On jure de supporter la vie, ses précipices 
Pourvu que plus jamais, elle nous mette au supplice.
Mais lorsque l’on a mal à se tordre par terre
Lorsqu’on n’a de répit dans ce jeu solitaire
On n’a plus qu’un espoir c’est qu’enfin elle cesse
On abdiquerait tout au fond de la détresse.
Puis comme par miracle elle s’évanouit 
Quand on sort de la bulle, que la vie nous sourit
On a peine à croire qu’on a vécu cela
Mais rien que d’y penser, alors ça jette un froid.
On reprend lors le cours de sa vie ordinaire
Comme si la douleur était très loin derrière 
Son ombre encore plane telle une épée cachée 
On guette anxieux les signes qui pourraient tout gâcher.
J’ai là en mémoire ces douleurs anciennes
Avec la peur toujours qu’elles ne reviennent
Ils sont là ces fantômes qui flottent au fond de moi
Me hantent en sourdine, et se rappellent à moi.
Pierre-Jean BOUTET
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