Zéphyrs et tempêtes.
Lorsque le vent se lève sur des souffles de rage 
On entend des clameurs que l’on dirait d’orage
Quand les nuées charrient des eaux lourdes et sombres 
Les vents qui les dissipent en chassent les décombres.
Les bourrasques hurlantes décoiffent les clochers
Où gémissent les cloches qu’ils voudraient décrocher 
Les rafales soulèvent des embruns déchaînés 
Sur les côtes hérissées de récifs aux aguets.
Leurs colères s’apaisent comme font des enfants
Lorsqu’ils ont trépigné dans leurs emportements
Quand ils s’évanouissent comme font les mirages
Redeviennent zéphyrs caressant nos visages.
Mais à partir de quand le frisson est tempête 
Quelle force faut-il pour qu’il gâte la fête ?
Quand les vents persistent, ou quand ils s’entêtent 
On guette le moment où enfin ils s’arrêtent.
Il en est de ces vents comme des émotions
Qui oscillent ainsi entre calme et passion
On croit que l’on maîtrise ces forces insoupçonnées 
On n’est que des jouets aux mains des vents donnés.
Pierre-Jean BOUTET